29.04.2009

"Les Vivants et les ombres". Diane Meur.

Dans la trouble Pologne du XIXe siècle, une demeure aristocratique relate la vie de ses propriétaires sur près d'un siècle - et pas n'importe lequel ! un riche en émotions, en idées nouvelles, en révolutions -.

Le jeune et beau Jozef Zemka, noble déclassé, se voit confier l'intendance de l'ancien domaine familiale. Ambitieux, il voit dans l'inclination de Clara, la jeune fille des nouveaux propriétaires, un magnifique instrument pour son ascension sociale. Évidemment, le jeune fille se trouve enceinte : le mariage est donc incontournable pour sauver les apparences. Jozef a réussi ! Mais, pour que son bonheur soit parfait, il lui faudrait un fils. Or, il n'aura que cinq filles aux destins très différents...


Entre la fresque historique et la chronique, ce roman nous entraîne allègrement dans le tourbillon des événements qui vont tant bouleverser la vie des différents personnages. Cette ère des révolutions, les chamboulements qu'elle provoque (notamment au niveau des liens entre maître et inférieurs), la perte de repères des principaux protagonistes, leurs diverses opinions politiques, leur peur à l'égard d'un avenir des plus incertains sont décrits avec finesse. Si vous êtes au premier abord rebutés par ce pavé, sachez qu'une fois que vous aurez le nez dedans, vous ne l'en sortirez plus (je ne regrette même pas d'avoir dû quitter Edward et Bella d'une manière assez cavalière, ce qui n'est pas peu dire...) ! La fine et curieuse narratrice sait ménager son suspens et mène très bien son lecteur...par le bout du nez ! C'est une grande réussite dépaysante mêlant avec brio les événements politiques et leurs incidences (ou non) sur la vie familiale, qui, somme toute, se doit de suivre son cours, du moins autant que possible. Bref, Diane Meur met de la vie dans nos livres d'histoire !

Merci beaucoup au Livre de Poche pour cette agréable découverte !

28.04.2009

"Lost in Austen"

Amanda Price est plutôt insatisfaite de la banalité de sa vie : employée ordinaire, petit ami sans aucune once de romantisme, mère déprimante et déprimée... C'est dans les bras d'Orgueil et Préjugés qu'elle trouve son réconfort et s'évade. Ainsi, quelle n'est pas sa surprise quand elle tombe sur Miss Elisabeth Benett dans sa salle de bain ! Elles se rendent alors compte qu'il existe des portes entre leur deux mondes (un peu à la sauce "Narnia"...). Elisabeth décide de rester au XXIe siècle et Amanda de rencontrer Monsieur Darcy... Seulement, son intrusion va considérablement modifier l'histoire écrite par Jane Austen et lui révéler bien des mystères, en particulier en ce qui concerne le charmant Wickham et la détestable Caroline...

Cette courte série britannique est absolument géniale si (et seulement si, dirait le prof de maths qui sommeille en moi) on est un amateur d'Orgueil et Préjugés, que ce soit dans la version écrite (dont j'avais dit deux mots ici) et/ou de la série de Simon Langthon... D'abord, l'idée est fantastique (ne lésinons pas ! Les adaptations à la lettre sont si souvent décevantes, celle de Langthon étant une exception qui confirme la règle !) et bien menée : à la minute où commence le premier épisode, j'ai été happée, impossible de m'arrêter... Les acteurs sont bien mieux choisis que dans le film assez terne de Joe Wrigth (Marine me pardonneras-tu ?), notamment Darcy, réfrigérant à souhait... De plus, il était assez drôle de retrouver le super duo de la série "Hex, la malédiction" (merveilleuse série, même si j'ajouterais en sous-titre : "comment saborder une saison 1 prometteuse avec une saison 2 des plus fantasques") mais de façon inversée... Bref, une mini-série à dévorer... Un véritable bol d'air pour se détendre (presque aussi efficace que le chocolat...).

10.04.2009

Avis à la population !

Oyez, oyez, bonnes gens !

En avant première, avant même mes co-organisateurs Praline et Ikastor, j'ai l'immense plaisir de vous informer que nous allons organiser un mystérieux SWAP, dont le thème................ ne vous sera révélé que fin avril-début mai, époque à laquelle débuteront les inscriptions... J'espère que le sujet vous plaira... Sur ce, je m'éclipse (pour ménager ce suspens débordant) quelques jours en Bretagne avec quelques provisions livresques...

08.04.2009

"Neon generis Evangelion". Sadamoto.

Hier, en furetant sur mon blog que je n'avais pas consulté depuis un certain temps (eh oui, nulle n'est parfaite, je l'avoue humblement !), je me suis rendue compte que je ne vous avais jamais parler du manga qui m'énerve le plus (car il n'en sort qu'un par an, ce qui est très frustrant), bien qu'il appartienne à mes livres préférés, du moins quand j'ai le moral au beau fixe.

En 2015, des enfants de 14 ans, Sinji Rei et Asuka, pilotent au péril de leur vie l'ultime arme de combat humanoïde, l'Éva, unique espoir pour sauver l'humanité. En effet, depuis le mystérieux "Second Impact" de l'an 2000, la terre est régulièrement attaquée par des Anges, sorte de robot intelligent et super puissant. Ces derniers apprennent beaucoup de choses à propos des humains au cours de leurs assauts de plus en plus sadiques. Que veulent-ils, exterminer ou connaître l'Homme ? Quelle est la fonction exacte de la Nerf, étrange organisation qui envoie des gamins de 14 ans au casse pipe sans aucun remords ? Et 'quid' du comité qui entend la contrôler et connaître le futur ?

Ce manga est un grand classique, surtout connue grâce à l'OAV (que je n'ai toujours pas vu, je sais : c'est mal). Le graphisme est absolument magnifique, y compris les violentes scènes de combat. En voici, un petit aperçu (histoire de vous motiver...) :

Le senario est si bien mené que l'on attend avec impatience, pourtant mise à rude épreuve, la sortie du tome suivant, sur lequel je me jette avec plaisir. Par contre, n'y cherchez rien de joyeux, ni même une lueur d'espoir : il n'y en a aucune, ce qui est d'autant plus dure que les personnages malgré leur froideur, leur professionnalisme ou leur folie sont très attachants. Les enfants sont sacrifiés sans pitié (certes pour la bonne cause, semble-t-il. Mais il est également permis d'en douter), seule la triste de Misato semble se rendre parfois compte de leur fardeau. N'y cherchez pas plus la simplicité, tout est complexe et, croyez-moi, pour ceux qui ne connaissent pas, vous n'êtes pas au bout de vos surprises. De plus, les références théologico-religieuses utilisées à des fins assez originales, rendent cette série particulièrement intéressante. On pourrait d'ailleurs la résumer ainsi : Quand l'Homme se prend pour Dieu... Alors si vous ne l connaissez pas, courrez vous les (au moins les deux premiers, car le premier tome est un peu difficile à comprendre et à suivre sans le deuxième) procurer !!

06.04.2009

"Empire USA". Desberg.

Après être devenue ermite au fin fond de la Picardie pour réviser vainement sur des questions (ô combien !) palpitantes comme "comment aménager l'espace français pour nourrir la population russe" et avoir porter une attelle pour m'être cassée la main (droite, sinon, c'est pas drôle) une semaine avant les concours (que j'ai tout de même pu passer après mettre persuadée que toute douleur est virtuelle), me revoici de retour après une assez longue absence... Entre temps, de l'eau est passée sous les ponts et j'ai tout de même lu pas mal de choses dont je ne vous ai pas parlé (oui, oui, je suis égoïste, je sais !).

Aux USA aujourd'hui, les services secrets désamorcent trois bombes disséminées sur le sol américain, mais ils ne connaissent pas l'existence de celle chimique qui explose à San Francisco tuant en cinq heures plus de trois cent mille personnes. Dans ce contexte, les Etats-Unis déclarent une guerre sans merci au terrorisme islamique en faisant fi des rétissances des autres pays. Les élections présidentielles sont annulées, la Bible devient loi d'Etat... Les Etats-Unis deviennent officiellement un empire. Un seul homme peut empêcher ce désastre, Jared, un militaire secrètement rattaché aux services secrets et qui a eu vent de quelques informations mettant en cause des personnalités imminentes au sein du gouvernement américain. Mais son chemin est semé d'embuches...

Cette bande dessinée est un peu spéciale. La première saison est consituée de six volumes dont la plupart est dessinée par des artistes différents mettant en scène les même personnages qui ont été créés par Marini (on remarquera au passage le fameux tandem à l'orignie du Scorpion). Ce changement a permis à l'ensemble des épisodes de sortir entre septembre et décembre 2008, une rapidité exceptionnelle pour des BD. C'était un véritable défi et il a été brillament relevé ! Si les caractéristiques fondammentales des personnages ont été conservées, chaque dessinateur a su garder son style. Avec un réalisme à toute épreuve (ou presque, si l'on excepte l'étrange théorie sur la réincarnation de Judas), l'histoire est entraînante, essouflante et distille bien le suspens. Franchement, elle est même si crédible que s'en est déconcertant. L'ironie y est particulièrement mordante, cet extrait en donne le ton : "D'après les Evangiles, Jésus s'adressa ainsi à ses disciples : 'en vérité je vous le dis, si quelqu'un vous frappe sur la joue droite, tendez-lui aussi la gauche' [je me suis d'ailleurs toujours demandé qui pouvait rééllement appliquer un tel précepte sans être massacré ou considéré comme lâche], c'était il y a près de vingt siècles, aujourdhui, si des terroristes frappent une de vos villes... faut-il leur en offrir une autre ?"... Bref, j'ai vraiment accroché au défi comme à l'histoire. Voici donc un incontournable qui ne peut nous laisser qu'un sentiment de malaise : et si cela se déroulait vraiment ?

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