06.04.2009

"Empire USA". Desberg.

Après être devenue ermite au fin fond de la Picardie pour réviser vainement sur des questions (ô combien !) palpitantes comme "comment aménager l'espace français pour nourrir la population russe" et avoir porter une attelle pour m'être cassée la main (droite, sinon, c'est pas drôle) une semaine avant les concours (que j'ai tout de même pu passer après mettre persuadée que toute douleur est virtuelle), me revoici de retour après une assez longue absence... Entre temps, de l'eau est passée sous les ponts et j'ai tout de même lu pas mal de choses dont je ne vous ai pas parlé (oui, oui, je suis égoïste, je sais !).

Aux USA aujourd'hui, les services secrets désamorcent trois bombes disséminées sur le sol américain, mais ils ne connaissent pas l'existence de celle chimique qui explose à San Francisco tuant en cinq heures plus de trois cent mille personnes. Dans ce contexte, les Etats-Unis déclarent une guerre sans merci au terrorisme islamique en faisant fi des rétissances des autres pays. Les élections présidentielles sont annulées, la Bible devient loi d'Etat... Les Etats-Unis deviennent officiellement un empire. Un seul homme peut empêcher ce désastre, Jared, un militaire secrètement rattaché aux services secrets et qui a eu vent de quelques informations mettant en cause des personnalités imminentes au sein du gouvernement américain. Mais son chemin est semé d'embuches...

Cette bande dessinée est un peu spéciale. La première saison est consituée de six volumes dont la plupart est dessinée par des artistes différents mettant en scène les même personnages qui ont été créés par Marini (on remarquera au passage le fameux tandem à l'orignie du Scorpion). Ce changement a permis à l'ensemble des épisodes de sortir entre septembre et décembre 2008, une rapidité exceptionnelle pour des BD. C'était un véritable défi et il a été brillament relevé ! Si les caractéristiques fondammentales des personnages ont été conservées, chaque dessinateur a su garder son style. Avec un réalisme à toute épreuve (ou presque, si l'on excepte l'étrange théorie sur la réincarnation de Judas), l'histoire est entraînante, essouflante et distille bien le suspens. Franchement, elle est même si crédible que s'en est déconcertant. L'ironie y est particulièrement mordante, cet extrait en donne le ton : "D'après les Evangiles, Jésus s'adressa ainsi à ses disciples : 'en vérité je vous le dis, si quelqu'un vous frappe sur la joue droite, tendez-lui aussi la gauche' [je me suis d'ailleurs toujours demandé qui pouvait rééllement appliquer un tel précepte sans être massacré ou considéré comme lâche], c'était il y a près de vingt siècles, aujourdhui, si des terroristes frappent une de vos villes... faut-il leur en offrir une autre ?"... Bref, j'ai vraiment accroché au défi comme à l'histoire. Voici donc un incontournable qui ne peut nous laisser qu'un sentiment de malaise : et si cela se déroulait vraiment ?

05.09.2008

"Ma vie est tout à fait fascinante". Pénélope Bagieu.

À chaque anniversaire se pose la sempiternelle question du cadeau : qu'est-ce qui pourrait lui - en particulier, ici, une jeune quarantenaire - lui faire plaisir... hum, hum, et dont je pourrais aussi profiter ! (Mais, non, je ne suis pas quelqu'un d'intéressée, pas le moins du monde !). Et, là, se présente à mon petit esprit une idée de génie (d'aucuns diront que cela ne m'arrive pas souvent, alors je ne lésine pas !!!) : Madame T., peu joueuse et un peu à l'écart de la blogosphère ne doit pas connaître (oh, l'inculture crasse à laquelle il faut remédier ! ), les aventures de notre Pénélope Jolicoeur nationale ! Donc, le livre issu de son blog s'imposait de lui-même (surtout que je ne l'avais pas intégralement lu et qu'il contient quelques inédits...).

C'est donc ainsi, que j'ai eu entre les mains cet agréable livre au petit format et aux ravissantes couleurs... Un vrai bonheur, surtout quand vous n'avez pas internet et donc votre dose journalière des aventures folles de Pénélope ! Il a ravi toutes les jeunes filles et dames de la maison, voire même, pour certaines planches, les messieurs. Toutefois, le choix (forcément arbitraire) des planches éditées n'est pas toujours celui que j'aurai fait et les inédites ne sont pas très nombreuses... Mais, une idée de cadeau que je réutiliserai...

24.06.2008

"Le Maillot rouge". Marianne Eskenazi.

Marianne part en vacances avec son frère au bord de la mer. Celui-ci ne veut pas avoir sa jeune soeur dans ses pattes, elle passe donc sa journée à se languir sur la plage en s'ennuyant... Mais (attention, il s'agit ici de ménager un effet de surprise) tout va basculer lorsque le beau Cyril (pas si beau que cela en fait) l'aborde. Plus âgé qu'elle, il vit à Paris en colocation. Cet obstacle ne va pas rebuter la jolie Marianne, qui, du haut de ses 16 ans, se jette à coeur perdu dans cette amourette de vacances virant à la passion dévorante.
Hélas (trois fois hélas, mais il fallait s'y attendre), après un séjour de Marianne à Paris avec Cyril, elle est contactée par la mystérieuse colocataire de ce dernier qui s'avère être évidemment plus que cela. Dépitée, bafouée, perdue, la jeune fille va se jeter sur le premier venu, un vieux rencontré sur internet. Blasée, elle va mettre un certain temps avant de se rendre compte que sa vie est devenue un enfer glauque... Puis, peu à peu, elle va se réveiller et remonter la pente...

Évidemment, cette bande-dessinée avait tout pour me déplaire : histoire de fille plus ou moins à l'eau de rose... mais, en fait, pas tant que cela ; pas vraiment de 'happy-end', ni d'idéaux, juste la réalité et l'amertume qu'elle peut parfois provoquée ! L'histoire sonne juste et sent presque (?) le vécu. Les personnages sont attachants. L'analyse des relations amoureuses par l'intermédiaire d'internet est décapante : mensonges, faux-semblants, manipulation, tout y est minutieusement décrit. En outre, le rapport passé/présent donne un sens assez humouristique. Les dessins et les couleurs sont très plaisants. Le format de la bande-dessinée est très original et rend le livre très agréable à lire. S'il vous tombe à portée de main...

Si vous voulez un petit aperçu du talent de la dessinatrice, voici son blog, celui par qui tout a commencé :blogdepaprika



09.01.2008

"Les Aigles de Rome", Livre I

y1p1L8QbHlfUKs5DVBukdXOLN2XCsWigH7XWeApyNTHtTlF3du33UC1tTb4NDOd9vaZufqYdoe26wE.jpegVoici le nouveau Marini, qui nous a certainement valu le fait que "Le Scorpion" soit un hors série...

Pour une fois, Marini est dessinateur et scénariste. Le résultat est tout à fait attendu au niveau des dessins, ils sont magnifiques ! Un véritable plaisir esthétique. Par contre, j'ai été un peu déçue par le scénario qui manque de problématiques, mais comme c'est la première fois que j'entame une série sans que le second tome ne soit sorti, il faut relativiser... Je ne suis donc pas tout à fait juste étant donné qu'il faut bien que l'histoire et l'ambiance se mettent en place... J'espère que le prochain nous mènera au coeur de l'intrigue, parce que, mine de rien, j'ai hâte de connaître la suite !

A l'époque de la Rome d'Auguste, Ermanamer, rebaptisé Arminius, est un jeune barbare germain confié à Rome en tant qu'otage. De ce fait, l'empereur décide de confier son éducation à un instructeur de légionnaires, l'impitoyable Falco. De son côté, Falco a eu un fils, Marcus, d'un deuxième mariage avec une princesse germanique. Les deux garçons ont le même âge, mais ne s'entendent guère... Ils devront, néanmoins, passer outre et se supporter tous les jours lors de leur rude entraînement. Arminius est un combattant doué, Marcus est plus sensible... Arminius est sûr de lui, Marcus moins. Au fil des pages, nous découvrons ce duo insolite et la naissance de leur amitié. Mais les années se succèdent rapidement, à quoi vont-ils être confrontés ?

Ah, encore une chose, cette bande-dessinée n'est pas à mettre entre les mains de tout le monde, comme dans "Les Rapaces", elle vise un public d'adolescents et d'adultes.

 

05.01.2008

"Lady S", volume I et II

y1pqCy832Drl-4NcxEIPJhXD-5Jd4_nQMyKX0qIOupa5xMMdKUDIdW4Ylrx67PODbgEMsybQkBheOY.jpegJ'ai profité honteusement de mes vacances prétendument studieuses pour diminuer mon retard en BDphilie... Il faut chercher en partie la cause de ce manque de sérieux du côté du Père Lala (et oui, chez moi, il n'est que rarement question du Père Noël sous son vrai nom) qui a insidieusement distribué des bandes-dessinées à tout mon entourage. Trêve de bavardages inutiles et inintéressants pour en venir aux faits !
Je me suis donc penchée sur le xième succès de Van Hamme (eh oui, toujours lui...), "Lady S". Suzan Fritzroy est la fille parfaite du séduisant ambassadeur itinérant américain Jimmy Fritzroy. Enfin, sa fille ? pas tout à fait. Parfaite ? loin de là ! Suzie n'est en réalité que sa fille adoptive. D'ailleurs, elle ne s'appelle pas Suzan, mais Shania Rivkas (Shaniouchka pour les intimes). Elle n'est ni américaine, ni néo-zélandaise, mais juive estonienne... Pour faire court, elle a le parfait pedigree de l'espion, comme ne tarde pas à le constater une énigmatique agence d'espionnage. Cette dernière fait pression sur la jeune femme pour qu'elle travaille pour eux... Il faut dire que la vie de Lady S ne manque ni d'obscurité ni d'ambiguïté, comme le lecteur le découvre...

Comme vous avez certainement déjà pu le constater, je n'ai rien à redire sur le scénario de Van Hamme, excellent comme toujours ! Les dessins d'Aymond sont plaisants, mais manquent encore un peu d'assurance dans le premier opus "Na zdorovié, Shanioucka !". Toutefois, ils gagnent en précision et en finesse dès le second ("À ta santé, Suzie !", pendant français du premier titre en russe !)...

En conclusion, une nouvelle série à ne pas manquer ! Suspens, rythme soutenu, flash-back délicieux... À lire absolument !!!

NB : Il est, en outre, très drôle de voir émerger une héroïne de la plume de deux hommes... Les héros masculins de Van Hamme sont toujours séduisants, sexistes, forts, aventuriers, collectionneurs invétérés de jeunes dévergondées à la cuisse souvent légère (exception faite du Major Jones). Leur pendant féminin est une jeune fille "bien sous tous rapports" : très intelligente, studieuse, jupe toujours en dessous du genou, décolleté plongeant mais pas indécent, peu d'aventures sentimentales toujours sérieuses, vivant avec son Papa sous l'apparence de la jeune fille bien rangée... Le contraste ne manque pas de sel !

23.12.2007

"La Version irlandaise" : XIII ou "le malgré-lui"

y1pj8nm09DnTYv646ASD-FNaez7PWHj8i3cyZvpoD2YPxBuw7r5DQoBRhc8nK--iLZUkNbUiCveK8k.jpegNous voici, hélas, arrivés à la fin de la plus trépidante des bande-dessinées...
Pour ménager le suspens je ne vais vous parler, dans un premier temps, que de "La Version irlandaise". Le sénario est du merveilleux Van Hamme, vif, enlevé, plein de suspens... un vrai délice pour les fans (auxquels j'appartiens). Par contre, par malheur, les dessins ne sont pas du talentueux Vance, mais de Giraud/Moebius... J'ai rencontré les oeuvres de cet auteur, il y a près de quatre ans, lors de la splendide exposition à l'Hôtel de la Monnaie "Miyazaki-Moebius"... Depuis, mon goût n'a guère évolué : je n'aime vraiment pas ses dessins... (tout en appréciant, l'extraordinaire travail qu'il a fournit pour les décors et les costumes de l'incontournable "Le cinquième élément", un de mes films fétiches). Je ne comprends d'ailleurs pas le changement de dessinateur pour cet opus. C'est une trahison, trahison à l'égard de Vance, trahison à l'égard des lecteurs, mais certainement un énorme coup médiatique, en particulier en direction des USA. En effet, le dessinateur est à ses personnages, ce que la moutarde est à un bon steak saignant. Néanmoins, ce changement de style permet de sauvegarder plus longuement le secret de l'identité de XIII (O'Neil ou Fly/Mac Lane ?). Ce livre se situe avant la grande épopée qui débute avec "Le Jour du Soleil Noir". L'histoire s'ouvre juste avant l'accident qui coûtera la vie à O'Neil ou Mac Lane. Elle raconte de façon très dynamique et plaisante la vie du jeune O'Neil, partisan de l'IRA, et son amitié avec Jason Mac Lane...

Ce serait un véritable délice, sans les dessins assez grossiers de Giraud !

16.11.2007

Malheur ! Pénélope est partie en vacances !

y1pHI48HxPvRMvBJP7Q5aAMlk_Bxy9iSm1BFgKxw74bRsg0_0RRI6eFJIVFBHNk2E0TXtXQs0ZPcBc.jpegComme dit le proverbe, un malheur n'arrive jamais seul ! En cette semaine de grèves en tous genres, une chose encore plus terrible s'est produite : Pénélope est partie en vacances !!! Et le chat (mais quel chat !! Sans vouloir le vexer, il ressemble un peu à celui d'Alice au pays des merveilles, non ?) a pris le contrôle ! Bon, je sens que je dois une explication aux incultes qui ne connaissent pas Pénélope ! Il s'agit de THE blog en bande-dessinée, un incontournable ! Une jeune illustratrice raconte presque quotidiennement des anecdotes tirées (ou non) de sa vie ! Les dessins sont géniaux - expressifs et drôles -, tout est emprunt d'humour et le ton est toujours juste! (Ils ne sont certes pas tous désopilants, mais avoir de l'inspiration tous les jours, c'est pas évident !) En plus, je reconnais un peu honteusement, que j'y retrouve quelques uns de mes travers...
Enfin, voilà une semaine qu'elle est partie en vacances (sniff) et son chat a pris le contrôle du blog : chaque jour un autre blogeur-illustrateur nous donne sa vision de la vie du chat, et jusqu'ici, je trouve qu'ils n'arrivent pas à la cheville de miss Pénélope Jolicoeur. Vivement son retour !

NB : Pour les curieux ou les ignards :
www.penelope-jolicoeur.com/

29.10.2007

Thorgal. "Moi, Jolan" sans Van Hamme...

Dans ma boulimie réparatrice de bande-dessinée/manga du moment (chacun se rassure comme il peut), j'ai aussi lu le dernier Torgal. Avec le départ de Van Hamme, le célèbre sénariste ("XIII", dont le dernier opus sort courant novembre, "Lady S", "Largo Winch"...), je cragnais le pire... Mais Sente reprend le fil de l'histoire avec justesse, sans rupture... Tout juste y ajoute-t-il peut-être un petit côté glauque, pas forcemment nécessaire, mais bon chacun son style... En tout cas, c'est véritablement une bonne surprise, haletante, pleine de suspens et de surprises... et donc, tout à fait à la hauteur des vingt-neuf autres volumes... Bref, un régal à ne pas rater surtout pour les amateurs de Torgal et de son univers fantastique et merveilleux ! Sans oublier les dessins de Rosinski, qui ont certes beaucoup évolué au cours de la longue épopée, mais qui sont toujours aussi beaux... Chaque dessin est un véritable tableau... Vivement le prochain tome pour savoir si Jolan sera à la hauteur du chemin initiatique qui l'attend !

 

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28.10.2007

Le Scorpion. "Le procès". 2

Depuis hier, je suis enfin en possession du dernier Scorpion, rien de tel pour se consoler d'un concours blanc apocalyptique sur "l'agriculture durable en France, étude géographique"... Mais en arrivant dans mon repère favori, non seulement le rayon bande-dessinée/manga ne se trouve plus à la même place, mais en plus, en regardant l'album tant convoité de plus près, je constate (oh horreur !) que le titre est précédé de la fatale mention "hors série"... J'hésite : j'achète ou non ? Les dessins me décident à le prendre, ce sont eux qui font le réel et à peu près le seul intérêt de ce volume. En conclusion, nous ne saurons pas si Pharaon est vivant, mais une chose est sûre Marini est vraiment est de mes dessinateurs préférés... En plus, un petit dépliant publicitaire négligeamment glissé dans la BD parle de son prochain projet "Les Aigles de Rome"... à vous mettre l'eau à la bouche !

18.10.2007

Le Scorpion. "Le procès" 1.

Que serait la vie sans un petit tome de Scorpion. Vivement la sortie du procès, vivement demain ! Quoi de plus délicieux qu'un aventurier du XVIIIe - beau brun aux yeux bleus, galant comme on en fait plus, maniant l'épée avec une merveilleuse adresse - , qu'un pape corrompu, une magnifique gitane-sorcière-empoisonneuse et une Rome pervertie par la débauche ? Il faut dire que le dernier tome nous a franchement laissé sur notre faim : le cher Pharaon a l'air bien mal en point (j'espère qu'il ne l'est pas tant que le laisse supposer les dernières images !!!) et Trébaldi, ne serait-il pas le vrai père de Scorpion ? That is the question, selon l'expression chère à Carroué.

 

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