06.11.2008

"Trois petits tours". Thomas Fersen.

Comme d'habitude, Thomas Fersen vous décomplexe ! En effet, certaines parlent à leurs chaussures (non, non, je ne vise personne... entre jumelles par le prénom, on se comprend...) ou à leur voiture (hé,hé, que voulez-vous chacun a son grain de folie) et les passants les regardent au mieux comme un extraterrestre au pire comme un animal de foire (essayez, vous verrez... mais attention, c'est comme les mules en reptile "essayer, c'est adopter")... Mais Thomas Fersen va plus loin : il assume et proclame haut et fort "moi les objets, je les baptise". Non seulement il baptise sa valise du charmant prénom de Germaine, la propose comme un moyen de transport aux murs délicieusement fleuris, l'épouse, mais il va jusqu'à la faire exploser tout en lui dédiant plusieurs chansons (je me garde de toute recherche d'analogies, même s'il n'y a aucune mise en garde du style "toute ressemblance avec une histoire vraie est un hasard hasardeux")...

Toujours aussi original, dégenté et enthousiasmant, des paroles à la musique, cet album est une véritable réussite ! Comme d'habitude, n'y cherchez pas de ressemblance avec les disques précédents, il n'y en a pas ou infiniment peu ! Fersen a donc une nouvelle fois tenu ses promesses, faire aussi bien que les disques précédents (ce qui, en soi, est une véritable gageur) ! Un CD très coloré, très entraînant ; bref que j'écoute en boucle !

14.10.2008

"On s'y fera". Zoyâ Pirzâd.

Arezou a une femme libérée d'une quarantaine d'année. Divorcée, elle élève seule sa fille et entretient son insupportable mère, Mah-Monir, de vraies sangsues aussi odieuses l'une que l'autre. Or, un beau jour, grâce à sa fantastique amie Shirine, il va lui arriver une chose qu'elle n'attendait plus : elle va tomber amoureuse de Sohrab... Jusqu'ici, rien de particulièrement original me diriez-vous ! Mais, il s'avère que l'histoire se passe (après l'Afghanistan et le Cambodge... oula, il est grand temps que je parte en vacances, moi !!) en Iran, pays où il est aussi difficile pour une femme de tenir une agence immobilière que de vivre en couple ou de se remarier. Pour être heureuse, Arezou va devoir franchir ces difficultés tout en affrontant le mépris des siens...

Ce livre, s'adressant surtout à un public féminin, me laisse assez dubitative... D'un certain côté, il est assez surprend dans sa manière de décrire les relations entre les hommes et femmes iraniens. On connaît les sempiternels clichés : la femme cachée, censurée, isolée et l'homme outrageusement libre. Ici que nenni (du moins pour les célibataires, la femme mariée a beaucoup plus de contraintes) : le foulard au combien symbole de soumission pour la plupart des Occidentaux devient une véritable arme de séduction, mais incite aussi le respect. L'auteur nous montre un pays dans lequel cohabitent des idées très guindées sur les rapports entre les hommes et les femmes -notamment lors de la visite des moeurs dans le centre commercial- et une jeunesse désinvolte faisant des rencontres sur internet : bref, la fin d'un monde et le début d'un autre... Néanmoins, le fait qu'Arezou cède à la quasi-totalité (non, je ne vous révélerai pas l'exception, inutile d'insister... Demandez-moi de vous dévoilez la fin aussi, tant que vous y êtes !) des caprices de sa mère et de sa fille qui rivalisent d'égoïsme est assez énervant, tout comme les quelques longueurs de la narration et le fait que l'on ne sait pas toujours qui parle...

Donc, si ce petit ouvrage croise votre route (et que vous voulez vous divertir un brin), tendez lui la main, vous me direz ce que vous en avez pensé...

Merci beaucoup au Livre de Poche d'avoir pensé à moi !!!


25.09.2008

"Au-dessus du ciel et en-dessous". Hélène Maydat.

Samedi, Versailles... Dans le coin de la merveilleuse et insolite librairie "Un ange passe", Hélène Maydat dédicaçait son premier livre "Au-dessus du ciel et en-dessous"... Bref, après avoir dûment bavardé devant de délicieuses dragées et un thé blanc (que voulez-vous, on ne se refait pas), je suis repartie avec le livre sous le bras...

Jérôme est mort. Il laisse derrière lui Clothilde, sa jeune épouse. Folle amoureuse et admirative de son mari, elle se sent sa légataire dans tous les sens du terme, y compris spirituellement. C'est ainsi qu'elle décide de quitter la France, sa terre natale, pour s'installer à Phnom-Penh : comme Jérôme, elle veut oeuvrer à la reconstruction du pays... Nous allons donc suivre sa vie de jeune veuve : ses doutes, ses désirs, l'obligation de vivre sans l'autre tout en restant digne, son aspiration à l'indépendance, sa difficulté à être naturelle...

Ce court ouvrage -presque une nouvelle- aborde le thème difficile du deuil d'une manière sentant le vécu (?) et sonnant juste. De par les thèmes abordés (en particulier celui d'un splendide pays en ruine qu'il faut reconstruire), il est très proche du roman d'Ingrid Thobois sur l'Afghanistan. Toutefois, même si je trouve le style d'Ingrid Thobois plus agréable et limpide, j'ai préféré la façon dont Hélène Maydat mène l'histoire et décrit le Cambodge, nous donnant finalement plutôt envie de nous y rendre (c'est quand les prochaines vacances ?) !

21.09.2008

"Le Roi d'Afghanistan ne nous a pas mariés". Ingrid Thobois.

L'Afghanistan après le 11 septembre 2001, entre destructions et dangers : quel occidental pourrait bien avoir envie d'y vivre ??? Et bien, si, il en existe ! C'est le cas du personnage principal du livre, ce fameux 'je' qu'il est si facile d'identifier à l'auteur ! Quand le séduisant Nathan lui propose de partir en Afghanistan enseigner le Français, la jeune fille saute sur l'occasion ! Dans ce pays en ruine, cachée sous une burqa, elle va se découvrir deux passions : une pour le pays aux paysages si variés et époustouflants et une pour Nathan même si celui-ci est déjà marié et père de deux enfants en France.

Un livre court (heureusement) à la couverture enchanteresse qui ne m'a pas vraiment plu... Certes, il est bien écrit, mais l'histoire est si décousue (sans doute pour rendre les bribes de la vie ou lui donner presque la forme d'un journal intime) que le lecteur s'y perd un peu... L'histoire d'amour entre la jeune fille et un homme marié lâche est tout ce qu'il y a de plus banal... et, malgré les efforts de l'auteur, je n'ai même pas envie de braver moult dangers pour partir en Afghanistan !

Merci au Livre de Poche pour son envoi !


17.09.2008

"Les Rois maudits". Maurice Druon, partie I.

Attention fiction !

Sur les sept opus de la fameuse saga, je ne vais vous parler aujourd'hui que des deux premiers (non, ce n'ai pas négociable !) : "Le roi de fer" et "La reine étranglée"... À chaque volume est assigné un roi ou une reine de France différent.

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Tout commence en 1314, la France, fier et puissant royaume, est sous le joug du roi de fer, Philippe IV le Bel aussi beau qu'inflexible. Il gère d'une main de maître le pays, cherchant l'argent où il se trouve : il vole les Juifs, taxe les compagnies lombardes et extermine sans la moindre pitié les templiers, ses anciens alliés ! Il soutient les légistes au détriment des barons : pour lui, la raison d'État prime sur toutes les autres... Pendant ce temps, le beau et sournois Robert d'Artois spolié de son Comté d'Artois au profit de sa tante Mahaut, cherche par tous les moyens à récupérer son dû (et ne fait là guère preuve d'ambition, n'en déplaise à certains, car il a tout à fait raison, Robert !)...

Dans "La reine étranglée", Philippe le Bel est mort, et bel et bien... Tout son labeur va être réduit à néant par son fils et successeur, Louis X Le Hutin, le disputeur ou confus... Roi faible, sans envergure et coléreux, incapable de contenir les ambitions de ses barons, il va brader le royaume de France dans l'unique but de mettre une femme dans son lit !

Un auteur au style original et enthousiasmant (n'ayons pas peur des mots), des intrigues palpitantes et rudement menées, des personnages fouillés et intéressants en font une série vraiment entraînante et vivante ! Le cadre historique sonne juste, même s'il est un peu romancé... Mais, comme Dumas l'a dit si bien "il est permis de violer l'histoire à condition de lui faire un enfant" ! Bref, j'ai adoré, surtout le deuxième livre (alors que je préfère le premier épisode de la série de Claude Barma... cherchez l'erreur ?)... et si je n'ai pas encore lu le troisième, c'est simplement pour tenter de travailler un peu (mais c'était sans compter sur Max et Logan, dont je vous parlerai peut-être, ou pas...) !

Un immense merci à Romanza pour ce choix, encore si parfait !!! :D